À toutes ces femmes…


« Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;
aux enfants qu’elle guide, à l’homme consolé,
elle élève le cœur et calme la souffrance,
comme un esprit des cieux sur la terre exilé. »
Gérard de Nerval


Crépitements et craquements raisonnent dans la pièce sombre.

À mesure que le vent s’engouffre dans la cheminée, le feu prend vie, grandit et laisse découvrir ce spectacle tellement apaisant des flammes qui entrelacent le bois.

Ces belles à la robe orangée, au demeurant timides, grandissent peu à peu jusqu’à frapper de leurs pointes brûlantes les pierres qui forment le foyer.

Ardente et à la fois si douce, chaude et tellement réconfortante, cette charmante chorégraphie lui procure toujours ce même bien-être.

Calme et sérénité règnent désormais ici en maitre.

Se berçant, d’avant en arrière, sur son rocking chair hérité de sa grand-mère, elle aime contempler ce spectacle, les yeux fixés sur la cheminée comme envoûtée par les flammes.

Une bûche chavire, les braises s’affolent et crépitent puis, l’attraction reprend de plus belle sous la forme d’une flamboyante valse des plus réconfortantes.

La nuit est calme, douce et si paisible. Nul ne soupçonnerait que demain elle changera le cours de l’histoire.

Elle, au demeurant si calme et si discrète cache sous la beauté de ses traits une véritable battante qui vouera la fin de sa vie à un combat acharné pour l’avenir des générations à venir.

S’en est assez de voir toutes ces femmes souffrir face à des bourreaux sans foi ni loi qui par leur supposée supériorité s’approprient injustement ce qui ne leur revient pas de droit.

À l’époque, une femme ne pouvait pas être propriétaire, même si elle héritait, son argent devait être remis à son mari ou son tuteur légal qui pouvait en jouir à sa guise. Sa parole ne comptait pas et n’était pas entendue non plus. Injustice, brimades publiques, esclavagisme, mariage forcé, violence, maltraitance, .. tout ceci était le quotidien des femmes.

Puis, certaines décidèrent de prendre la parole et de se battre parfois même au détriment de leurs propres libertés.

À toutes celles qui se sont levées et ont exigé l’égalité. À toutes celles qui se sont battues au détriment de leur propre vie. À toutes celles qui ont préféré des mots au silence, des actions à l’inaction, oui à toutes ces femmes qui par le passé ont su construire notre avenir :

Angela Davis, Olympe de Gouges, Carrie Chapman Catt, Mary McLeod Bethune, Hubertine Auclert, et toutes les autres connues et inconnues «merci» merci de vous être battues pour nous permettre aujourd’hui d’être libre ! Et la liberté n’a pas de prix.

Force est d’avouer que si certaines choses n’ont pas encore changées, ne baissons pas les bras et continuons ensemble le combat pour les générations prochaines. Chaque année retrouvons-nous pour nous remémorer le courage de ces femmes et luttons ensemble pour continuer de vivre libre, d’être libre de nos idées et de nos choix, libre d’épouser qui nous voulons, libre de nous vêtir comme nous le désirons, libre d’étudier ou non, libre de suivre nos choix et pas ceux d’un tiers.

Je me souviens d’une époque où chaque femme portait le foulard sans pour autant être jugée bien au contraire. Étaient-elles musulmanes ? Non, elles étaient françaises, américaines, anglaises, … En effet, dans les années 60, bon nombre de femmes portaient le foulard par tradition, par piété ou tout simplement par mode. Je me souviens de ma grand-mère m’expliquant qu’à cette époque, elle se couvrait de ce foulard en sortant de chez elle.

N’en déplaise aux islamophobes, ma grand-mère est chrétienne, de surcroît bretonne d’origine. Il n’est donc pas question ici de voile islamique. Toutefois, il est de bon ton de rappeler que dans la Torah et l’ancien Testament des femmes apparaissent avec un foulard. Ce foulard (voile) n’appartient donc pas qu’à l’islam.

Szczepan Yamenski a dit : «La femme n’est point le corps de l’homme. »

En effet, le corps d’une femme lui appartient, aucun homme (ni aucune femme) n’a le droit de lui dire comment s’habiller. Ainsi donc, si une femme ne veut pas porter le voile grand bien lui fasse et si une femme veut le porter grand bien lui fasse.

Je dédierai ces derniers mots aux femmes fortes qui continuent de se battre en 2020 contre leurs bourreaux, leurs détracteurs, ceux qui veulent leur imposer leurs choix ou les empêcher de vivre les leurs. À toutes ces femmes fortes et courageuses qui face à la lâcheté des hommes deviennent encore plus forte et déplacent des montagnes.

À toi petite soeur qui élève seule ton fils sans rien lâcher, qui te bat pour que malgré sa différence il puisse vivre comme tous les petits garçons de son âge.

À vous qui prenez le temps de lire ces mots, n’attendez pas le 8 mars pour célébrer les femmes.

8 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Une Madame dit :

    Très bel hommage 🌹

    Aimé par 1 personne

  2. Gut dit :

    Tu as la plume facile ma chère Sofia. c’est un bonheur de te lire. Oui certaines ont montré le chemin de la rebellion et on leur doit beaucoup merci à elles, mais ce que j’aime dans ton texte c’est que tu n’as pas oublié de parler des femmes de l’ombre qui se battent tous les jours dans leur quotidien. La femme a une qualité très forte et à toute épreuve. Elles ont du courage, elles ne baissent jamais les bras, c’est pourquoi je suis heureuse, malgré les soucis traversés, d’être une femme !! tout simplement : merci Sofia ! gros bisous

    Aimé par 2 personnes

    1. Plume & Prose dit :

      Merci ma douce Gut, bien sûr que l’on ne doit pas oublier celles qui ont fait en sorte que nous puissions vivre comme nous vivons mais il ne faut jamais oublier celles qui ont oeuvré dans l’ombre tout comme celles que nous prenons comme exemple je veux bien sûr parler de nos mères, grands-mères, … et toutes ces femmes que nous admirons comme toi ma Gut et bien d’autres encore.

      Aimé par 2 personnes

  3. Nathalie GENTIT dit :

    Bravo pour ce merveilleux hommage à celles qui se sont battues et qui se battent encore pour prouver qu’elles sont là et qu’elles existent..
    Pour le voile… nos « bonnes sœurs  » le portent aussi. Personne n’y trouve rien a redire.
    Pour se battre.. j’ai aussi au bout d’un trop grand nombres d’années, apres avoir subit et souffert, apres m’etre injustement cru coupable d’exister et d’avoir « mutilé » mon corps …. jai eu le courage de dire stop. Et même si je suis, depuis, handicapée je ne réclame que mon due.. Etre RESPECTÉ.

    Aimé par 1 personne

    1. Plume & Prose dit :

      Merci ma douce Nathalie tu as bien raison. Et oui tu fais partie de toutes ces femmes fortes et battantes à qui je dédie ces mots et toi tu continue encore et encore de te battre, tu as un courage immense que l’on se doit de saluer et jamais, je te le dis et redirai « jamais » tu ne dois laisser quiconque te manquer de respect JAMAIS !!!!!

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  4. Emna Khelil dit :

    Bravo ! excellent article ! merci.

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    1. Plume & Prose dit :

      Merci à vous d’avoir pris le temps de me lire.

      Aimé par 1 personne

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